PrepAcari

De la taxonomie intégrative à l'écologie pour se préparer au risque acarien

 

Mise en oeuvre du projet

La meilleure façon de faire face au bioagresseurs envahissants est tout simplement d’éviter leur installation. Les connaissances scientifiques accumulées par les chercheurs sont de première importance pour la gestion et l'anticipation du risque phytosanitaire. Notre projet s’inscrit dans le cadre de la préparation aux crises sanitaires (gestion préventive), et notamment aux problèmes liés à l’arrivée d’espèces envahissantes (acariens ou virus transmis par des acariens).

Dans ce projet nous mettons en oeuvre des méthodes et outils indispensables à cette connaissance, centrés autour de trois axes.

  • Surveillance du territoire
  • La première étape indispensable est une connaissance des espèces présentes. Pour cela nous devons connaitre l'état des cultures potentiellemnt menacées. Nous effectuons une surveillance avec échantillonnage en France continentale, Corse et aux Antilles sur les cultures hôtes des espèces ciblées dans cette étude pour évaluer les occurrences et densités des populations présentes.

  • Taxonomie intégrative
  • L’identification des organismes au niveau spécifique, voire intra-spécifique constitue le premier nécessaire à la surveillance et à la lutte contre les bioagresseurs. L’évolution de la taxonomie des ravageurs peut avoir des conséquences importantes sur la réglementation phytosanitaire. Dans le cas de la transmission de virus par des acariens, qui sont pour la plupart espèce-spécifiques et que les souches d'un acarien vecteur peuvent présenter une efficacité de transmission différente (4) la taxonomie détaillée est encore plus importante. Dans le cas des virus de quarantaine, la présence d'un vecteur dans la zone menacée implique une augmentation de son potentiel d'établissement et de propagation. L’identification des ravageurs est souvent compliquée en raison de l'existence d'une spéciation cryptique, comme cela a été observé pour plusieurs espèces d'acariens phytophages. Notre approche de systématique intégrative consistera à réaliser l'analyse conjointe de données morphologiques, moléculaires et bioécologiques de façon à clarifier la position taxonomique des espèces étudiées. Nous faisons partie du seul groupe possédant une expertise taxonomique en acarologie agricole en France.

  • Modélisation des aires de distribution
  • Les analyses de risque accordent beaucoup d’importance à l’identification des zones géographiques dont l’environnement pourrait être favorable aux espèces potentiellement envahissantes non encore présentes sur le territoire. La modélisation de niche écologique ou des aires de distribution fournit un cadre simple (modélisation statistique) permettant d’évaluer les distributions géographiques potentielles et leur évolution possible avec le changement climatique. Les études sur des bioagresseurs agricoles ou forestiers sont nombreuses de même que les développements méthodologiques. Ces modèles permettent d’évaluer les zones climatiquement favorables et peuvent donc contribuer à cibler les efforts de surveillance du territoire. Il s’agit donc d’un élément important de l'anticipation du risque. Si de nombreuses espèces d’insectes ravageurs ou vecteurs ont été étudiées à l’aide de ces approches, les exemples dans le monde des acariens restent limités. Les bases de données telles que GBIF par exemple, ne contiennent pas beaucoup de données d’occurrences ce qui freine le développement des modèles.


    Participants

  • Philippe Auger – Ingénieur d'Etudes – INRAE-CBGP Montpellier
  • Marguerite Chartois – Ingénieure d'Etudes – INRAE-CBGP Montpellier
  • Alain Migeon – Ingénieur de Recherche – INRAE-CBGP Montpellier
  • Denise Navia – Directrice de Recherche – INRAE-CBGP Montpellier
  • Eric Pierre – Assitant ingénieur – INRAE-CBGP Montpellier
  • Jean-Pierre Rossi – Directeur de Recherhe – INRAE-CBGP Montpellier
  • Jean-Claude Streito – Ingénieur de Recherche – INRAE-CBGP Montpellier